Hier, je suis rentré dans une église catholique, et j'ai assisté à une cérémonie religieuse du même nom. Autant vous dire que j'ai choqué mes parents et mes frères et soeurs et que je vais être accueilli par des jets de tomates et des quolibets le week-end prochain. Car cela faisait 26 ans que ça ne m'était pas arrivé, et que les dernières fois où j'aurais pu être amené à le faire, et bien j'étais tout simplement resté dehors et avait été me balader le temps que ça se termine. C'était à la fois une quasi-impossibilité physique et une sorte de "statement" intellectuel que je jugeais nécessaire à ce moment là.

Hier, il s'agissait des obsèques du père de mon amie dont j'ai souvent parlé ici et désigné comme étant "mon être vivant préféré" (entre autres), et à qui j'attribue tout un tas de qualités tant absolues que plus spécifiques à notre relation. Et en m'y rendant -à l'Eglise- ma démarche n'était vraiment pas de "faire un effort pour elle". Car que je rentre dans l'église ou pas, elle s'en fout. Non, ma démarche était plus simple, et plus pragmatique: 1/ je voulais être là pour elle parce que c'est elle (sans que la moindre notion d'effort soit présente... je n'y ai pas vraiment réfléchi), et il se trouve que dans le cas présent "" était une église, 2/ c'était à une heure de route de chez moi, donc quitte à y aller, bah allons y, 3/ je pouvais certes rester dehors, mais n'étant pas familialement proche du défunt, je ne pouvais pas franchement échanger mon absence dans l'église avec ma présence au cimetière par exemple (chose que j'ai fait lorsqu'il s'agissait de membres de ma famille), et 4/ ne nous le cachons pas, j'étais finalement assez curieux de voir à quoi ça ressemblait (je n'avais pas de souvenirs très nets de la dernière fois en 1992).


Alors, honnêtement, j'ai été surpris par la place que prend -en temps- le caractère catholique de la chose. On y parle plus de Jésus que de la personne décédée. J'imagine que c'est le principe, mais j'ignorais. Ceci étant dit, tout en n'y comprenant rien, mon observation m'a fait me rendre compte d'une chose: le truc est au point. Les mecs (les catholiques) ont des siècles d'expérience dans le domaine. Ça ne chantait certes pas très juste par exemple, mais ça chantait. Il y avait des textes, il y avait des interludes, tu te levais, tu t'asseyaies, les gens faisaient des signes avec les mains... (pas moi hein; le seul signe avec les mains que je maîtrise, c'est le "westside"... Je me suis abstenu). Et là je me suis dit "merde, nous -ma famille, certains de mes amis- on est à la rue". On n'a pas de protocole. Moi et Le Dissident établissons certes au fil des ans une playlist larmoyante au possible et pouvons compter l'un sur l'autre pour écrire un hommage dithyrambique et grandiloquent, mais ça risque d'être très court tout ça.
Donc je vais bosser sur le truc. On va établir des règles: pas trop de silence, droit d'intervenir de façon impromptue pour évoquer une anecdote, distribution de morceaux de Comté et d'Abondance... Il faudra que ça marque les gens. Il faudra que ça chiale, et que ça rigole.

Enfin, je dis "les gens", mais en ce qui me concerne, suivant le moment où je mourrai, il n'est pas impossible qu'on m'enterre comme un clodo et que la seule personne présente soit l'aide-soignant que m'aura changé ma couche lors des dernières semaines...


A oui, consigne importante: je veux être enterré avec ma bite hein, pas de blague, pas de don de l'organe!

west in peaceWest in peace.