Pour me sentir légitime à fanfaronner tel que je le fais souvent (toujours?), j'ai bien moins besoin qu'on me dise que je suis génial que d'en être foncièrement persuadé. Mais pour cela, il ne suffit pas non-plus que je décrète que je suis génial. Il faut que ma lecture de ma vie, de ma manière d'agir et de mon positionnement par rapport aux autres m'apporte des preuves de ce caractère "génial". La plupart du temps, c'est le cas.

Mais là tout de suite maintenant, il y a un os.
Tout récemment les rapports entre moi et la personne dont j'ai déclaré être amoureux depuis près de quatre ans se sont tendus. Or au delà du sentiment amoureux que je dis avoir développé pour elle, la vérité est qu'elle est pour moi -par rapport à ce que je suis- un être exceptionnel et une sorte de caution intellectuello-morale. Qui elle est, et qui je suis, il y a une connexion. Je l'ai ressenti tout de suite, j'en suis sûr.
Et donc là il y a tension. Ce qui nique la caution, direct. Et en plus je n'ai rien à lui reprocher (ça serait pourtant plus simple). Il n'y a personne en qui j'ai le plus confiance. C'est plutôt moi qui ai quelque peu foiré et exagéré. Bref, là du coup je me sens moyen légitime à fanfaronné.
Même si je fanfaronnais déjà bien avant de la connaître, c'est vrai. Mais pour le coup, ce n'était vraiment pas la même époque. Je ne m'étais pas encore déclaré nihiliste et totalement inutile dans l'Histoire de l'univers. Je n'avais pas encore abandonné l'humanité à son sort. Quand t'abandonnes toute l'humanité, c'est quand même pas mal de se raccrocher à d'autres êtres vivants. Et moi les clébards et les chats, ça n'a jamais été mon truc. J'aime les (rarissimes) êtres vivants capables d'interroger ce que je suis. Ce qui d'une certaine manière est le cas à cet instant précis, c'est vrai aussi. Mais c'est pas pareil. Je préfère me sentir génial.

fanfaronFanfare... Fanfaron... Allez, ça fera l'affaire pour une illustration.